Catalogues & textes d'expositions
















L'ART DANS LES CHAPELLES
crédit photo: L'art dans les chapelles











Créer, dans la continuité d'une réflexion amorcée il y a une douzaine d’années, sur la pertinence du répertoire de formes que l’être humain utilise pour fabriquer ‘’son monde’’…Ce répertoire était fondé essentiellement sur la géométrie grecque, initialement démonstrative, représentation d'un savoir théorique pour la compréhension du cosmos. Développée par le biais de la maîtrise technique de l’outillage, cette géométrie a normalisé les matériaux mais également toute la ‘’fabrication’’ humaine, trans-formée en un vocabulaire d'éléments basiques : surface plane, ligne, cercle…etc.

Toute "fabrication" humaine découle d'une décision.
On retombe dans les mêmes types de formes...
L'esprit humain est conditionné par cela.
Or, ces formes sont schématiques.
Pour avancer, il faut dégager l'esprit de ces stéréotypes (1)

Interroger et remettre en questions ce répertoire de formes utilisé pour la construction…Mon regard et ma pratique se portent sur les formes engendrées par la nature. C’est ainsi que j'ai conçu et réalisé mes premières Structures Aléatoires, à partir de branches de hêtre.
Il semble que se sont les branches d'arbres qui ont une vie comparable à celle d'un être humain. 

Inhérent à ce travail, les notions de volume/ densité, stable/instable, sont des éléments qui nourrissent également un questionnement.

En construisant une forme avec ce type de lignes indécises,
on a une forme complexe,
qui n'est pas le fruit de la volonté et de la certitude.                 
Une forme complexe ne peut que générer de la fragilité,
enfin, une forme de fragilité !
En fin de compte, cela révèle de l'essence humaine... (1)

Aujourd'hui ?
Mettre en évidence la structure…aller à l'essentiel, révéler la simplicité de la complexité devient plus pertinent …
La couleur enracine cette sculpture conçue sur une terre de statuaire polychrome, ‘’naturellement’’ dans un lieu, de silence, pour un temps… Hors du temps !

Lumière captée, saisie,
Par l’or
Révélant le dessin hésitant d’une ligne
D’une structure au destin incertain
Volume improbable au contour imprécis,
Hésitant, contournant la raison
De certitudes, des structures établies… aveugles
Avec légèreté, indécis en son devenir
Debout, obstinément

  

Dominique Lamandé - Avril 2002

(1) -Reflet des aléas – décembre 92-catalogue Sculpt - édit :  Le Quartz









Titre: Hêtre ayant du charme
Quartz, branche de hêtre, feuilles de charme
latex, pigments


CHÂTEAU DE BEAUMANOIR

EVRAN





Cette exposition découle d'une réflexion sur l'espace géométrisé, à vivre et à penser.
Probablement "inventée" par les Égyptiens, la géométrie n'avait de fonction pour Thalès (au VIème siècle av JC) que démonstrative : un savoir théorique permettant la compréhension du cosmos.
Depuis lors, la géométrie a conditionné la production "utile" (architecture, objets de consommation) mais également la production artistique.

Mon propos à partir de 89/90 était de savoir s'il était possible d'échapper à ce modèle. En m'appuyant sur l'observation des matériaux et sur les théories de Benoît Mandelbrot sur les objets fractals, j'ai réalisé une série de sculptures aux formes "naturelles".

Cet été 97 m'a permis de jeter un regard rétrospectif sur mon travail et de constater que cette démarche était fondée sur la périphérie des constructions, c'est à dire sur la "peau" de la sculpture.
La peau est cette interface qui permet d'échanger des informations et de protéger des agressions extérieures. La notion de protection me semble fondamentale dans le comportement humain.
Depuis la nuit des temps, l'être humain a développé des stratégies de protection pour sa survie.
La peau des bêtes puis l'habitat lui a permis de se protéger des variations climatiques. Mais il a fabriqué aussi des éléments plus spécifiques contre des dangers plus précis ; le bouclier, le casque, l'armure, les blindages, les constructions fortifiées, les blockhaus...

La fin du vingtième siècle a vu se déployer des systèmes de protection contre le nucléaire civil et militaire, engloutissant des sommes et des énergies sans précédent.
En définitive, l'être humain aura, au cours des siècles, mobilisé une bonne partie de sa capacité de production à se protéger de l'autodestruction. A l'aube du troisième millénaire devant une ultime menace de désastre biologique, le genre humain n'a pu trouver comme seule parade pour la survie de l'espèce qu'un...
petit bout de caoutchouc ! ! !



1997 / DOMINIQUE LAMANDÉ










Centre d'Architecture et d'Art


Exposition d'affiches, organisée par le Centre d'Architecture et d'Art de l'ENSABretagne, avec le concours du Ministère de la Culture et de la Communication, la Direction du Patrimoine, de la Ville de Rennes. Lieu: les panneaux d'affichage urbain de la ville de Rennes. Directeur d'exposition et du Centre d'Art : Frédérique Sotinel